Comment sont ils sortis de l’oubli: La decouverte de l’ histoire du char M10 et de son equipage par Gerard Louis

Interviews, WW2, WW2 Wrecks

By Pierre Kosmidis

Texte et photos: Gerard Louis

Je suis un historien amateur, surtout de la deuxième guerre mondiale et notamment de ma région dans laquelle de violents combats se sont déroulés à la fin de 1944, je suis donc un passionné en recherches militaires, et je vous souligne que je ne fais pas parti d’aucunes associations françaises ou américaines.

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Tout à débuté en 1999 dans la forêt de Parroy, près de la ville de Lunéville, Meurthe et Moselle, France, en me promenant j’ai découvert des traces noires très bizarres au sol, je suis revenu souvent à cet endroit, et peu à peu pendant des mois, j’ai récupéré une multitude d’objets militaires ou personnels.

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J’ai gardé précieusement ces objets chez moi, mais en décembre 1999 une violente tornade détruisit presque totalement cette forêt. Cela m’a pris plus de deux ans avant de retrouver le lieu exact de mes trouvailles dans cette forêt bouleversée par la tornade, et reprendre mes travaux de recherches, car moi j’étais persuadé que des hommes avaient péris à cet endroit.
Finalement en 2003 dans la terre ravinée par les pluies, j’ai aperçu un objet qui brillait sur le sol, que je me suis empressé de ramasser, c’était la plaque de poignet avec le matricule du Caporal Clayton Judge HELLUMS, j’ai averti les autorités militaires américaines qui m’ont répondues immédiatement et mis en relation avec le Super Intendant à Épinal, département des Vosges.

Après trois mois d’attente et plusieurs relances auprès de celui ci , il m’avertit qu’il ne pouvait pas donner suite à ma demande,étant donné qu’il était porté disparu et qu’il ni avais sûrement plus de famille, pour lui l’affaire s’arrêtait là.

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Je suis donc resté seul avec cette histoire tout en surveillant le site pour éviter que personne ne vienne y faire des dégradations en faisant des fouilles inappropriées, j’ai fait cette surveillance pendant trois années.

Puis j’ai décidé seul de faire une demande de recherches sur le journal de la ville de Lunéville. Trois semaines après la publication de cet article, une association aidée par un adhérent belge, la 90e division a été contacté, de mon côté j’ai contacté une dame française habitant aux États-Unis (Illinois) qui a pu retracer pour moi la famille Hellums, et c’est à partir de là que l’histoire a pu commencer pour de bon.

Un char americain M10. Nien n'est reste du char de Hellums.
Un char americain M10. Rien n’est reste du char de Hellums, car, apres la gurerre l’épave du char fut découpée par des ferrailleurs et les morceaux transportés hors de la forêt.

La famille Hellums est venue en France en 2006 se recueillir sur les lieux où leur cher frère a trouvé la mort pour défendre la Liberté. Se sont des instants uniques et qui marquent au plus profond de soi

À la suite de la découverte de cette plaque de matricule, j’ai fait le serment sur le site de cette forêt, de retrouver les familles pour que ces soldats ‘’rentrent chez eux’’ et c’est ma ligne de conduite.

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Pour retrouver les familles de Donald Owens, ainsi que la famille de Lawrence Harris, j’ai demandé l’aide d’un ami canadien, Jean Faure, qui habite dans la Province de Québec, près de Montréal. Celui-ci, après quelques mois a pu retrouver la famille du Privé Donald Owens, mais presque deux ans pour pouvoir entrer en contact avec un membre de la famille Harris.

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Entre temps j’ai approfondi cette histoire avec mon ami Philippe Sugg, historien amateur également et Adjudant-chef dans l’armée française et rare sont les hommes comme lui ayant une connaissance aussi parfaite ,nous avons réuni nos connaissances de terrain pour être au plus juste de la réalité.

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Cet équipage de char M 10 faisait partie de la ‘’773rd Tank Destroyer Battalion’’ cinq hommes à bord, le caporal Clayton Judge HELLUMS, le private Donald D. OWENS, le private Lawrence N HARRIS, le sergent Ernest RABE et le Tech/4 Everet PEABODY
La forêt de Parroy s’étend sur une superficie 21,5 miles carrés, les combats débutent le 29 septembre 1944 et les chars sont demandés en appui au point le plus dur des combats, c’est-à-dire vers un lieu nommé ‘’Le haut de la Faite’’ et la route de Bossupre.

Nous sommes le 9 octobre 1944.

Le char M10 fut tiré à bout portant par un char Panzer allemand qui était posté à quelques 300 pieds, le Panzer était dissimulé derrière une maison forestière, nous estimons que le char M10 fut touché en avant midi, le tank sortait des sous bois à découvert et avançait vers la maison forestière, lorsque le char ennemi ouvrit le feu.

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Clayton Hellums, Donald Owens et Lawrence Harris n’eurent aucune chance, ils périrent brûlés et furent désintégrés lorsque le char explosa, à cause de la présence de munitions à l’intérieur et de son carburant, le char ne put être approché car il brûla pendant 24 heures, d’où l’impossibilité après la guerre d’identifier l’épave.

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Cependant les deux autres occupants, Ernest Rabe et Everet Peabody, furent éjectés du char lors de l’impact selon les rapports et survécurent à leurs graves blessures, mais on ne sait pas vraiment ce qui s’est passé pour ces deux hommes, car ils étaient postés sur le char.
Plus tard l’épave du char fut découpée par des ferrailleurs et les morceaux transportés hors de la forêt. Donc trois hommes portés disparus à jamais et sans indices pour les retrouver.

Il a fallu qu’un jour je fusse attiré par une couleur noire sur le sol, et que ma curiosité me poussa à persister dans mes recherches pendant des mois, pour arriver grâce à ma ténacité à ce résultat.

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Car en mai 2006 des responsables du JPAC de Hawaï sont venus me voir, d’une part pour me remercier et de mettre au point une mission de recherche sur le site et me présenter des excuses pour le refus d’aide à mon égard du Super Intendant à la retraite.
Donc en mai 2006 lors de la deuxième mission de la JPAC ma plus grande joie fut la trouvaille de la plaque de matricule du privé Donald D Owens, qui se trouvait à moins de 10 pieds de l’endroit où j’avais trouvé celle du Caporal Clayton Hellums et à environ 4 pouces sous terre.

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En septembre 2006, j’ai travaillé pendant trois semaines avec une unité de recherches du JPAC, et j’ai demandé que mon ami Philippe participe,c’était la première fois qu’ils acceptaient deux français à temps complet, beaucoup d’indices ont été trouvés, fin septembre la mission était partiellement finie.
Lors de la visite de la famille Hellums en 2006, les autorités du JPAC m’ont autorisé de venir sur le site pour nous recueillir, ce fut une vive émotion. Quelques mois plus tard je fus contacté pour surveiller ce site pour éviter des visites indésirables et des dégradations, je suis passé tous les deux jours pendant un an, je devais bien cela à ces hommes qui avaient payés de leur vie pour notre liberté.

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En 2007 à la mi août une nouvelle équipe de la JPAC arriva avec 12 hommes et nous avons travaillés ensemble très fort pendant six semaines, nous avions mis en place avec mon ami et deux fermiers, une navette de deux tracteurs avec citernes pour pouvoir tamiser la terre, 178 pieds cube par jour.

Tout à été centralisé au laboratoire de Hawaï pour étude et contrôle ADN, car pour les autorités ces trois soldats étaient toujours portés disparus, ce furent des analyses longues, mais j’avais bon espoir pour que Clayton, Owens et Harris retournent au pays, même si ce n’est qu’une infime partie d’eux.

Malheureusement nous n’avons jamais retrouvé la plaque de matricule de Lawrence N HARRIS. Nous eu le plaisir d’être décoré de l’insigne de la JPAC pour services rendus par leur Directeur.
Tous les 9 octobre nous déposons des fleurs à cet endroit et nous leur rendons hommage à notre façon.

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Voilà en gros, une partie de cette l’histoire, je ne suis qu’un simple historien amateur qui travaille sur le terrain, les principaux indices se trouvent sur les lieux de la bataille, ce jour là, la chance était avec moi mais avec des coïncidences que j’ai du mal à expliquer.

Je bénis donc ce jour où j’ai trouvé cette plaque de matricule, car sans cette découverte inespérée ces soldats seraient toujours portés disparus, et aucunes des familles auraient pu faire leur deuil, d’autres éléments, ont permis de faire des comparaisons avec les restes déposés au cimetière Militaire Américain, de Neuville-en Condroz en Belgique.

Sans cela les restes de ces trois soldats n’auraient pu rentrer au pays. Mais soyez certain que Clayton Judge HELLUMS, Donald D OWENS, et votre oncle Lawrence N HARRIS resteront à jamais au fond de notre cœur.

Recevez chers amis, toute ma gratitude pour leur sacrifice à la libération de notre pays.